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Il suffit de se référer aux sorties cinéma des semaines écoulées (Jane Eyre, Bel ami, Sur la route....) et à venir ( Confession d'un enfant du siècle, Terri, Des hommes sans loi...), pour constater que les adaptations littéraires ne s'essoufflent pas. Cette tendance n’a pas d’âge mais son caractère a évolué au fil du temps. Entre amour, source d’inspiration et de profit, littérature et cinéma y trouvent chacun leur compte.

Depuis toujours, le cinéma adapte. "On le voit dès le 19e siècle et l'on peut dire que tout ce qui prépare l’arrivée du cinéma ainsi que les précurseurs dans le domaine se sont inspirés de la littérature", affirme Enrique Seknadje, maître de conférence au département cinéma de Paris 8.

Si aujourd’hui, l’exercice est souvent considéré comme une facilité (intrigue et personnages tout trouvés), l'adaptation était, au commencement, quelque peu différente.

"Dans les années 10 jusque dans les années 40, le cinéma n’était pas considéré comme un art. Ainsi, pour atteindre une certaine visibilité, les cinéastes se servaient de la notoriété des auteurs. Et puis à l’époque, il n’y avait pas de scénariste capable d’écrire pour le cinéma", poursuit-il.
Ainsi, le cinéma encore trop jeune et en manque de reconnaissance, cherche ses marques dans la littérature. Mais très vite les choses vont évoluer. A partir des années 50, le célèbre critique André Bazin sent le vent tourner. "Il explique que, paradoxalement, c’est le cinéma qui va commencer à devenir un bien pour la littérature en l’adaptant. Il sent que la littérature commence à moins intéresser au profit du cinéma", ajoute Enrique Seknadje.

Une consécration pour les auteurs

André Bazin ne manque pas de flair. La tendance s’inverse, le cinéma devient un fédérateur de masse et la littérature s’enorgueillit de se voir sur grand écran. Pour ne prendre que le début de l’année 2012, on ne compte pas moins de cinquante adaptations littéraires au cinéma et selon un article paru dans Les échos, il est estimé qu’aujourd’hui en France, sur dix films en salle, quatre sont tirés d’ouvrages.

Si l'expérience a laissé un goût amer à certaines plumes (peu satisfaites du résultat final, Muriel Barbery a exigé que l'adaptation de son oeuvre L’élégance du Hérisson, n'ait pas le même titre sur l'affiche), pour d'autres voir son œuvre portée à l'écran s’apparente à une véritable consécration. En 2008, Jean Becker adapte Deux jours à tuer avec, en tête d’affiche, Albert Dupontel et Marie-José Croze. Cette histoire d’un homme qui lâche prise un beau week-end est l’œuvre littéraire de François d’Epenoux.

"Quand j’ai su qu’il voulait adapter mon livre, j’étais tout simplement fou de joie. C’est un ami à moi qui a fait passer mon roman à son assistante. Jean Becker l’a lu et l’a beaucoup aimé. C’était un honneur pour moi, vraiment".
Même son de cloche chez Eliette Abécassis, écrivaine à succès qui a vu son roman, Un heureux évènement sur les difficultés de la maternité, faire l'objet d'une adaptation.

"Ce n’est pas un besoin d’être adapté, mais c’est un désir. On a envie de voir ses personnages exister. C’est à la fois magique, troublant et bouleversant de voir son œuvre mener une autre vie. C’est vrai que lorsqu’on écrit, on espère toujours que l’on va être adapté parce que c’est quand même un couronnement", avoue t-elle au Huffington Post.


Des ventes multipliées

Une tendance qui ne va pas en déplaisant aux maisons d’éditions qui voient la notoriété de leurs écrivains s’imposer et leurs ventes exploser. "De rouille et d’os est un recueil de textes sorti en 2005, écrit par un jeune auteur peu connu en France (Craig Davidson Ndlr). Avant que Jacques Audiard ne l’adapte au cinéma, on comptait 5000 exemplaires vendus, ce qui reste relativement bien. Depuis la sortie du film et le reformatage de la couverture avec le visuel de l’affiche, c’est près de 10.000 exemplaires vendus en plus, en seulement trois semaines. C’est une nouvelle vie qui débute pour ce recueil. Dans ce cas, le film a eu du succès ce qui multiplie les effets positifs sur les ventes et sur la notoriété d’un auteur, c’est indéniable", affirme Marie Dormann, responsable des droits annexes et dérivés chez Albin Michel.

Selon l'article des Echos, La délicatesse de David Foenkinos a été vendu 28,5 fois plus une fois le roman adapté par l'auteur lui-même; Hugo Cabret de Brian Selznick a connu des ventes dix sept fois plus importantes après que Martin Scorsese s'en soit largement inspiré pour un film éponyme alors que l'effet multiplicateur a été de 19 pour les ventes de L'aigle de la neuvième légion adapté par Kevin Macdonald en 2011.

Attirer les producteurs

De fait, pour assurer un second souffle à leurs œuvres, les maisons d'éditions cherchent à attirer l'attention des maisons de productions.

En charge du pôle audiovisuel de chez Flammarion, Laure Saget envoie chaque semestre une newsletter adressée à 500 producteurs, dans laquelle elle décrit soigneusement les nouveautés de la maison.

"Pour chaque livre (une quizaine Ndlr), je fais une fiche de lecture audiovisuelle, c'est-à-dire que je donne les éléments qui apparaissent fondamentaux pour un producteur de cinéma. A savoir, l’époque, le nombre de personnage, le lieu ou se situe l’action et la dramaturgie. Ces éléments leur permettent de se faire une idée du coût de production pour une adaptation", explique t-elle.
Un succès en salle assuré

Mais les producteurs, en demande de bonnes histoires, savent également frapper aux portes. Plusieurs cas de figures existent. Les producteurs et le réalisateur ont eu un coup de cœur pour une œuvre et cherchent à en acheter les droits, ou bien, sans livre particulier en tête, ils soumettent des demandes très spécifiques sur une histoire qu'ils aimeraient porter à l'écran. Mais dans tous les cas, "ce sont très souvent des livres qui marchent en librairie qui sont adaptés. C’est une tendance générale, les producteurs cinéma n’échappent pas à la loi du marché et vont plutôt nous appeler pour des livres qui ont été des grands succès. C’est toujours plus rassurant pour les eux", affirme Laure Saget.

Une idée que confirme Enrique Seknadje qui voit dans l'adaptation un moyen d'accroche et un bon compromis pour lâcher du lest.

"Les enjeux financiers sont tels, qu'une histoire qui tient la route et qui a marché en librairie, sont des critères qui rentrent en compte. Il y a l'idée qu'un auteur a travaillé longtemps sa langue, son texte et la dimension narrative de ses récits. Cela peut éviter aux cinéastes d'être sur tous les fronts et leur permettre de se concentrer sur la mise en scène. Mais il y a aussi des réalisateurs qui ont une véritable fibre littéraire et qui communiquent à travers des œuvres".
Loin d'être une relation purement commerciale, Marie Dormann assure que "le dialogue est permanent et l'aventure de longue haleine", alors que Laure Saget parle d'arts indissociables, "unis par une histoire faite d'amour, de passion et de déceptions".

source : huffingtonpost.fr

Publié dans Scim news

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