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22 Juil

CINE SCRIPT : Où va le cinéma marocain Spécial

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Entre le cinéma marocain d'hier et celui d'aujourd'hui, tout un monde. Les films se conçoivent différemment dans les temps actuels. Les faiseurs de ces films sont "formés" à la hâte malgré que cette "formation" est loin d'être académique fournie par quelques écoles privées au statut douteux. Des enseignants sans grande envergure sont hissés au rang de professeurs dans ces instituts qui poussent comme des champignons partout au Maroc. Sans formation eux-mêmes, ils inculquent à nos enfants un enseignement qui n'obéit à aucune pédagogie, ni respecte un programme déterminé. Les jeunes "cinéastes" venus de l'étranger ne sont pas dans une situation meilleure non plus. Leur crédibilité repose sur le seul fait qu'ils ont pu décrocher un diplôme français ou autre. Oui, mais quel diplôme et délivré par qui?


     Certainement pas de la FEMIS ou de l'école de Vaugirard, jusque-là des écoles réputées sérieuses ayant formé des cinéastes de renom qui comptent à leur actif des films de grande qualité dont la célébrité a dépassé les frontières. Certains de nos cinéastes ont eu le privilège d'être formés dans ces écoles leur permettant de réaliser des films peut être pas de grande valeur mais du moins pas très décevants. Ils ont eu l'occasion de côtoyer de véritables professeurs de cinéma en France, en Belgique, en Pologne comme en Union soviétique. Jean Mitry, Georges Sadoul, Serguei Boundartchouk étaient devenus des noms familiers pour eux et c'est grâce à ces derniers et à bien d'autres qu'ils ont pu prendre goût au cinéma.


    La plupart de nos cinéastes d'aujourd'hui n'ont pas la chance de fréquenter une école de cinéma. Et même s'ils ont eu cette chance, c'est pour compenser des études ratées en médecine, pharmacie, sciences politiques ou autres. Les études de cinéma ne constituaient pas leur premier et ultime objectif qu'ils visaient depuis leur plus jeune âge, plutôt un refuge de dernière minute pour sauver la face qu'on peut intégrer sans grande peine. Dans ces conditions, qu'attendre d'un étudiant qui, parti pour faire des études de médecine et,  ayant raté cet objectif, se retrouve cinéaste. Où est la vocation dont on parle tant? Décidément, leurs films traduisent bien leur désarroi.


    Cependant, les pouvoirs publics sont-ils complices de cette situation? Sûrement. En octroyant parfois des subventions à des scénarios douteux et en récompensant des oeuvres de mauvaise qualité artistique. Comme la critique objective est totalement absente au Maroc, la presse devient compromettante dans cette opération louche depuis le début. Le plus médiocre des cinéastes marocains a la prétention de décrocher un prix lors d'un quelconque festival. Il sait pertinemment que l'on juge rarement les oeuvres dans de telles occasions et qu'il y a beaucoup "d'arrangements".


   Il y a quelques décennies, nos festivals, de Rabat à Tanger, de Tétouan à Khouribga, avaient plus de  crédibilité, sinon de la crédibilité. Des films de valeur pouvaient revenir bredouilles. Rappelons nous le premier festival national du film à Rabat en 1982, un chef d'oeuvre tel que "Le mirage" (Assarab),réalisé par un cinéaste au-dessus de tout soupçon,  n'a pas pu décrocher le grand prix et pourtant, de l'avis de tous les participants, il le méritait largement.


   Dans cette situation, y a-t-il des gagnants et des perdants? Sûrement encore. Les gagnants sont les médiocres encouragés à produire davantage de bêtises au grand mépris du public pourtant le véritable pourvoyeur de fonds de ces produits. Les perdants sont évidemment le public qui sacrifie une partie de ses rentes pour bénéficier d'images conçues correctes véhiculées dans un langage hautain et surtout efficace. Le grand perdant est aussi le Maroc tout entier qui, malgré les efforts pressentis, ne retrouve pas l'image qu'il mérite lui permettant de se positionner honorablement sur l'échiquier cinématographique international avec des films de véritable valeur artistique.


 

Par Ahmed ARAÏB


Dernière modification le lundi, 23 juillet 2012 10:49

2 Commentaires

  • Hakim

    Bonjour,

    Excellent article, petite précision néanmoins, l'école dite "de Vaugirard" (du nom de la rue où elle était située) se nomme désormais école Louis Lumière. Merci pour l'article !

    Hakim lundi, 23 juillet 2012 17:04 Lien vers le commentaire
  • rives

    Et ceux qui ont appris sur le tas vous les classée ou?
    et qui ont jamais eu les moyens de payer une ecole de cinema,et surtout qui n'ont jamais obtenu le bac,on en fait quoi de ces gens là?

    rives lundi, 23 juillet 2012 15:13 Lien vers le commentaire
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